Il y a quelques semaines, j’ai eu le plaisir d’être invité à Limoges, à un dîner débat qui avait pour invité Edith Cresson.
Biographie :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Edith_Cresson
A lire aussi: [url]www.denistouret.net/constit/Cresson.html.[/url]
Ce n’est pas quelque chose que l’on a l’occasion de vivre tous les jours, et je m’attendais à une soirée captivante.
J’avais eu l’occasion, quelques mois auparavant et dans des circonstances similaires, d’échanger quelques mots avec Roland Dumas,
j’en garde un souvenir mémorable :
http://lairderilhacrancon.centerblog.net/1960966-Rencontre-avec-Roland-Dumas
La seule femme à avoir accédé au poste de Premier ministre en France était donc là, à quelques mètres de nous. Après un très bon repas (comme toujours au Clos des Cèdres !), l’animateur, lui posa ses questions, en commençant par une brève biographie.
Edith Cresson, à tout d’abord, critiquée le gouvernement actuel (nous étions en plein dans l'affaire du « test ADN »), critiquée l’omniprésence médiatique du président, l’affaire Villepin.
Et puis, elle a parlée de son parti, en répétant plusieurs fois, que durant ses 11 mois de fonction à la tête du gouvernement,
les attaques venaient « toujours ou quasi »
de son propre camps.
Je me suis dit en moi même, « c’est vrai qu’elle à du tempérament ! Ca "balance dur"; J’attendais des détails croustillants de la grande sphère politique »
Mme Cresson, nous expliqua alors que le poste de 1er ministre était le plus difficile et ingrat de notre pays:
Peu de moyens avec peu de temps, toujours sous les feux des médias, des synergies inter ministérielles difficiles à créer et surtout aucun appui comme l’avaient les autres ministères. Selon elle, c’est Bercy qui tient les commandes de l’Etat.
L’ancienne commissaire européenne, nous a parlée de la place de la France dans l’UE. Selon ses mots « nous, Français, ne sommes pas capables de défendre notre pays et notre rang à Bruxelles ». Les Anglais et les Allemands, eux, pèsent de tous leurs poids alors que nos députés ont un taux d’abstentionnisme record aux scéances …
Critiques par ci, critiques par là. L’heure tournait et je trouvais de moins en moins l’attitude de cette femme « constructive ».
Pourquoi tant de reproches ? N’avait elle pas été la 1ere femme 1er ministre ? Curieuse impression ?
A la fin de son grand « déballage », j’eu envi de lui poser une question sur son parti : Le 1er tour de la présidentielle à démontré que l’électorat Français avait beaucoup évolué, que pensez vous du Modem et de sa situation (je faisait référence bien entendu à sa vision de la « rénovation du PS », et aux appels du pieds de plus en plus fréquents des « Royal et autres Moscovici », en gros était elle pour ou contre une alliance PS/Modem ?).
De son air hautain, elle répliqua sèchement : «voyons, je n’ai aucun commentaire à faire là-dessus. ».
Sentant que l’assemblée restait sur sa faim, elle rajouta « Un gouvernement se fait élire avec des idées fortes, puis gouverne toujours au Centre… »
Il n’y eut plus de questions dans la salle.
Avant de partir, je croisais son regard. Elle dédicaçait son dernier ouvrage : « Histoires Françaises, vendu 19 euros »
"Triste femme aigrie par un destin qu'elle n'a su saisir ?", me dis je en moi même.
Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi le PS est dans une impasse. C’est en grande partie à cause de gens comme elle.
Certains les appellent les éléphants, d’autres les vétérans, d’autre encore "les douteux qui nous gouvernent".
Ce qui est sur, c’est qu’ils sont prisonniers de leur appareil politique.
Du coup, quand les idées font défaut, on se rattache à l'appareil, c'est plus simple ?
Mais au fond, ce sont les électeurs qui sont pris en défaut, perdu, comme des moutons sans berger. Et du coup, est ce qu'ils votent pour une idée ou pour un parti ?
Et si ces politiques sortaient enfin de cet état d’esprit sclérosé ? J'ai bien peur que ça ne prenne que trop de temps...
Un parti ce n'est ni un seul homme, ni un compte en banque, ni un appareil -aussi puissant soit-il-: c'est une ideologie commune qui lie des hommes et des femmes dans un même projet.